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SKORN OF BANANA



Sommaire de la série Zelda



The Legend of Zelda: Majora's Mask (9/10)



The Legend of Zelda: Majora's Mask

Ouf, ma nostalgie n’y est pour rien, ce jeu est toujours autant incroyable

Genre : Action aventure / Année de sortie : 2000

Publié il y a 5 heures


Il y a des jeux mythiques qui ont marqué au fer rouge l’histoire du jeu vidéo, et Majora Mask fait sans aucun doute partie de ceux-là. Rare un jeu aura tant marqué une génération de joueurs par son ambiance, son concept, tout en allant à contrecourant de ce qu’attendait tout le monde d’une suite à un jeu de légende (mais si, le jeu avec le Zora au gros cul qui prend 20 ans à se décaler de deux mètres là).

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Sommaire de la série Zelda



The Legend of Zelda: Majora's Mask (9/10)




Un contenu d’une densité folle

Autant dire, je me suis mis dans les meilleures conditions pour profiter au mieux de cet opus. Pour une fois je n’ai pas dégainé mon émulateur tel le délinquant que je suis quand il s’agit de toucher à des vieilleries, mais ayant l’abonnement switch online + (oui, je sais…), j’ai accès aux jeux principaux de la N64, avec bien sûr ce Majora Mask. Puis j’ai fait ça bien attention, j’ai pris aussi la manette 64 vendue sur le Nintendo Store compatible Switch, et là par contre, interdit de juger ma pignonnerie, tant la qualité de la manette est parfaite et reproduit à l’identique les sensations de l’époque, agrémentée de deux nouveaux boutons au niveau de feu le Rumble Pack. Puis enfin, j’ai fait le jeu en version américaine, tout simplement pour ne pas jouer à la version ralentie atroce européenne, car ça va bien la nostalgie deux minutes, mais étant un joueur PC jurant que par le 60 FPS, disons qu’il y a des limites à ne pas franchir.

Mais allons donc, tout ça pour dire, j’ai vraiment voulu me mettre dans les meilleures conditions, et franchement, ça joue grandement avec ce genre de jeu. Surtout concernant la manette, aucune autre récente qu’on utiliserait via un émulateur (Xbox, PS et même Pro Switch) ne possède les directions C, ce joystick à cran et cette prise en main si atypique. Toujours un vrai bonheur de tenir une manette de N64, tant celle-ci est d’un confort étonnant, et que les deux Zelda de la 64 sont tellement plus agréables à jouer avec ce joystick parfaitement prévu pour.

Toujours aussi flippant ce FDP

J’ai donc replongé avec un grand plaisir dans une aventure dont je me souvenais encore de pas mal de détails (c’est le problème avec les grands jeux, on ne les oublie pas comme ça), mais ce qui ne m’a pas empêché tout de même de redécouvrir nombre de quêtes secondaires du jeu, et d’être de nouveau forcé de constater l’incroyable tour de force que Nintendo a pu nous pondre en à peine une année. Car l’histoire est connue, l’équipe qui taffait sur le jeu avait un délai très serré pour sortir cet opus, et n’avait qu’une année pour le sortir, car après, place à la Game Cube. En réalité, ils ont eu un peu plus d’une année pour le produire, et avec l’appui de Miyamoto, l’équipe n’a eu de cesse de grossir pour réussir ce pari fou, avec une quantité de crunch que l’on imagine sans peine, infernale. Mais c’est un jeu fait avant tout par une équipe de passionnés, qui y ont mis toutes leurs tripes, et voulaient avant tout proposer quelque chose d’innovant.

Pari réussi, avec ce système des 3 jours qu’on ne présente plus, tellement il est symbolique, avec sa terrifiante lune officiant telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Link. Pour l’anecdote, ces fous de développeurs voulaient même faire un système s’étalant sur sept jours, soit une semaine entière, mais ils se sont vite ravisés devant l’ampleur de la tâche. Et qu’il est goldé ce système d’emploi du temps avec ses PNJ qui vaquent à leurs occupations tout le long de ces trois jours, où il existe une quantité phénoménale d’interactions uniques possibles, selon l’heure, le lieu, les actions qu’on a faites avant, le masque qu’on utilise… Jusqu’à la fin du jeu que j’ai fini de nouveau à 100 %, je trouvais encore des petits dialogues et interactions que j’ignorais jusque-là. Par exemple, j’ai fait plusieurs fois la course goron (oui, j’aime me faire du mal) afin de gagner plusieurs poudres d’or. Si certes tout le monde utilise la première pour obtenir un puissant objet et s’arrête là, pourtant, en obtenir d’autres permet aussi de les revendre à prix fort au marché noir. Un bon moyen d’obtenir les 5000 rubis à la banque, en variant les possibilités.

Le jeu qui sait récompenser comme il se doit les collectionneurs de masques

Et le tout est si addictif. On se prend au jeu, on essaye de planifier notre prochaine session de 3 jours en essayant d’accomplir plusieurs objectifs, quitte à être toujours pressé par le temps. On se retrouve à courir dans tous les sens, vite, je dois déposer cette lettre avant la fin de la nuit, puis dès l’aube de la journée suivante, j’ai prévu d’aller ailleurs, puis faut que je finisse avant 10h, où j’ai prévu autre chose… C’est captivant, et avec ce journal des Bombers très bien fichu qui permet de se rappeler des interactions qu’on a déjà effectuées en plus de nous indiquer les périodes où d’autres restent à découvrir, c’est incroyablement satisfaisant de progresser. C’est pourtant tout un aspect assez secondaire du jeu au final, l’intrigue principale nous envoyant aux quatre coins du monde dans des donjons, mais le tout est pourtant en parfaite harmonie.

En effet, le jeu est possible à finir avec plusieurs cycles normaux de trois jours, qui font environ une heure en tout. C’est raide, plus que raide pour les donjons principaux du jeu (j’ai fait les trois premiers comme ça, mon dieu, j’ai été en stress tout le long du troisième, incroyable la pression du temps), mais faisable. Mais si on explore, on fait un peu de secondaire, on apprendra une mélodie permettant de ralentir grandement le temps, de trouver un masque de lapin nous permettant de courir bien plus vite. Idem du côté combat, explorer les montagnes goron après y avoir conclu son intrigue principale permettra de mettre la main sur l’arme la plus puissante du jeu de manière permanente, certains masques comme celui qui fait danser les momies peuvent grandement faciliter certains passages… Et c’est sans parler du masque ultime, donnant à Link sa forme la plus stylée encore à ce jour.

Bref, c’est trop bien, ce système de temps est toujours aussi incroyable, que ce soit pour le contenu principal et secondaire, ça marche à merveille. Clairement c’est un point qui divise, certains n’ont pas aimé et je comprends, tant on s’éloigne de la formule classique… Mais quelle expérience novatrice. Que ce soit la quête d’Anju et Kafei (dont je me rappelais les grandes lignes, mais dont j’ai quand même bien galéré pour la mener à nouveau à son terme), celle du facteur qui y est liée ou encore celle du Ranch Romani (en partie obligatoire à résoudre), impossible de ne pas y retrouver des vibes qu’on retrouvera dans d’autres jeux incroyables bien plus tard, telle que Outer Wild (rien que la musique avant la fin du cycle vient de là). La marque des grands jeux, quand ceux-ci sont une référence pour toute une génération future de développeurs.

Une quête secondaire iconique, qui profite à merveille du système des 3 jours

Après il y a des choses un peu poussives il est vrai. Je me rappelle avoir eu de la chance pour faire avancer certains quêtes (par exemple le fait de parler à Anju avec le bon masque à un moment très précis uniquement), et certains quarts de cœur restent malheureusement quasi impossibles à trouver sans l’aide d’une soluce. Genre le fait de devoir refaire sans indication un deuxième score parfait aux mini jeux de tir à l’arc pour en obtenir un, la course des chiens où il faut gagner 150 rubis sans trop le savoir, ou encore ce mini jeu à la con avec un labyrinthe, où un quart de cœur est obtenu seulement si on parle à l’animatrice via la transformation Goron.

Il y a aussi ce puits avec les momies demandant une tonne d’objets différents pour pouvoir progresser, clairement le passage le plus horripilant à explorer dans son intégralité. Mais voilà, c’est bien tout ce que je peux trouver à reprocher dans cette structure ouverte et orientée quêtes annexes du titre, tant tout le reste est maîtrisé. Il y a même les bonnes vieilles pierres à potins qui sont de retour, qui donnent plein d’indices très utiles avec le masque approprié. La quête des masques est vraiment faisable seul sans soluce, et avec un développement si précipité, c’est un vrai petit miracle ce game design qui signe un quasi sans faute.

La forteresse de pierre, un de mes plus beaux souvenirs de joueur

Quant à l’intrigue en elle-même et le contenu principal avec les donjons, il reste en deçà de Ocarina of Time, très bon, mais moins enchanteur. Faut dire que cette map coupée grossièrement en quatre parties est un peu simpliste, où très vite une routine s’installe, 1 ou 2 cycles de découverte de la nouvelle zone, un autre pour le donjon, un dernier éventuellement pour clean le contenu post donjon, et hop, à la zone suivante. C’est très scolaire, et seulement quatre donjons pour moi qui adore ceux de la série, c’est un brin dommage. Impossible de ne pas penser aux 8 donjons principaux d’Ocarina of Time, mais bon, c’est une question d’équilibre, Ocarina of Time ne peut lui se targuer d’avoir un contenu annexe d’une telle densité que Majora Mask.

Puis même si le tout sonne un peu scolaire avec ses quatre zones, ça fonctionne à merveille. Chaque zone a son ambiance, et met l’accent sur une des quatre formes de Link. La vallée Ikana reste pour moi un souvenir impérissable, ainsi que la baie Zora et son ambiance si mélancolique. Le jeu a une atmosphère unique, que ce soit par les décors ou par les dialogues (les plus matures de la série), qui contribue vraiment à donner un grand attachement à chaque zone qu’on parcourt.

Explorer ces zones sera d’ailleurs l’occasion de renouer avec un système de combat qui n’a malheureusement pas si bien vieilli que ça, et qui n’apporte pas grand-chose d’innovant par rapport à Ocarina of Time. Bien que amusantes, les autres transformations de Link sont d’une nullité sans nom pour ce qui est de combattre. Pourtant j’ai essayé tout le long du jeu, mais entre le Mojo qui étourdit les ennemis sans dégâts, le Goron d’une lenteur effroyable à vouloir mettre des coups avec son gros cul et le Zora avec son attaque à distance qui échoue une fois sur deux… Forcé de constater qu’au final, on reste sur Link la plupart du temps. Je me suis bien amusé quand même, notamment au bestiaire vraiment copieux, fait de nouveaux ennemis et de quasiment tous ceux du précédent opus, quitte à mettre des ennemis en un unique exemplaire planqué dans un trou. On retrouve même les crânes qui te maudissent en te touchant, t’empêchant d’attaquer durant un long moment si tu n’as pas de soin, réveillant mes pires cauchemars de la seconde quête du tout premier opus !

Meilleur donjon de la saga EVER

Et comme on dit, on garde le meilleur pour la fin de la critique, car je veux parler bien sûr des donjons. Ok, il y en a que quatre principaux, mais qu’ils sont excellents et tous originaux. Même le premier, celui du bois cascade, profite déjà d’une difficulté presque équivalente au temple de la forêt d’Ocarina of Time, et dès le second, il y aura toujours une mécanique centrale unique au donjon, qui leur donne leur propre identité. Que ce soit le pilier à ajuster au centre du pic des neiges, ce casse-tête avec les courants de la grande baie, ou encore l’incroyable donjon qui se retourne avec la forteresse de pierre, on ne s’ennuie pas. Putain la forteresse de pierre, incontestablement le meilleur donjon de la saga, un pur bonheur à redécouvrir, et aujourd’hui, malgré tout mon bagage en jeu vidéo, je reste scotché devant une telle excellence de level design, surtout quand je le rappelle, on est sur un des jeux les plus rushés de l’histoire.

De plus, on a même une petite quête annexe au sein des quatre donjons, où il s’agit de retrouver des petites fées planquées partout, afin d’obtenir un nouveau pouvoir ou objet puissant. Une quête très sympathique, et je n’ai pas compris ceux qui la trouvent impossible, car il suffit de mettre le masque des fées dans chaque pièce afin de savoir s’il il y reste une fée cachée.

Seul défaut des donjons, les boss, qui sont un peu bof, malgré le côté vraiment sympathique de pouvoir quasiment tous les vaincre de manière alternative avec Link sans transformation (j’ai découvert que le boss de la forteresse de pierre peut être vaincu sans le masque des géants, uniquement avec des flèches de feu et glace bien placées, dingue !), ils sont toujours bien trop simplistes. Il faut vraiment le faire pour crever contre eux, à la limite celui du bois cascade car tu as peu de vie, et encore. Le boss final aussi, ok il possède 4 phases différentes, mais bordel, quand tu arrives avec tous les cœurs et améliorations, même en posant ta manette 5 minutes, tu n’es toujours pas mort ! Et encore, je l’ai fait sans utiliser Oni Link (t’inquiète, j’ai refait tous les boss du jeu avec ensuite, tellement satisfaisant), mais si tu l’utilises, tu as juste à spammer B sans bouger, et c’est bon. Dommage ce manque de challenge dans la partie action, si de ce côté ça pouvait être aussi stimulant que la partie exploration et quêtes annexes, ce serait vraiment le Zelda ultime.

Et finalement, il y a aussi d’autres mini donjons tout de même en guise de à côté. Il y en a des mineurs comme l’horrible puits avec les momies, mais certains sont vraiment réussis en plus de profiter d’une superbe ambiance, comme la forteresse des pirates et son aspect infiltration, ou encore le château Ikana avec son bouclier miroir, génialissime en terme d’ambiance. Ouais, je suis vraiment un gros bandeur de la vallée Ikana, mais c’est tellement le meilleur morceau du jeu, s’il y avait pas le puits à la con, tout serait parfait là-bas.


Bref, une superbe redécouverte, qui n’a quasi pas pris une ride. Alors certes c’est moche graphiquement, mais en termes de game design, d’ambiance, de mécanique de jeu unique et de contenu, ça reste un jeu intemporel. À faire, et refaire, pour se rappeler d’une époque où il était possible en à peine plus d’un an, de faire des suites incroyables qui pouvaient encore se permettre de prendre des risques. Aah la nostalgie…

9/10

visage du gardien de Ultima 7

Dans mon Royaume de Britannia, rares sont les jeux d'une si grande qualité !
Les jeux ayant cette note font partie des préférés du créateur du site (on le surnomme le Gardien, entre nous au château haha...) !
Moi, Lord British, j'ordonne qu'on conserve ce jeu au musée de Britain, parmi les plus grandes reliques du pays !